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Marcel Deviers
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Marcel Deviers , l'artiste


Armand Marcel Deviers est né en 1914 dans la ferme familiale située au Mas, lieu-dit à quelques centaines de mètres du bourg d’Archignac sur la route de Paulin, bourg dans lequel il est revenu s’installer dès sa cessation d’activités à la fin des années 1960. Il s’est éteint fin 2002 et repose dans le cimetière communal.
Sa maison, attenante à la mairie, a été acquise par la municipalité qui envisage de la restaurer et de réserver une grande pièce au rez-de-chaussée pour exposer quelques œuvres de l’artiste.


Marcel Deviers a été instituteur de 1935 à 1958 (successivement à Bouzic, Paulin, Lacassagne et Borrèze), puis professeur de dessin (on dirait plutôt maintenant d’arts plastiques) à Sarlat de 1959 à 1969 ; Dans son métier d’enseignant, il ne s’est jamais satisfait de suivre un schéma classique, mais a toujours essayé d’innover en animant la commune et en s’efforçant de faire participer parents et élèves aux activités, toujours en rapport avec sa mission d’enseignant ; Ce comportement lui a valu l’obtention des Palmes académiques.
L’Opération muguet et son aboutissement en sont un exemple symbolique : Partie d’une simple vente, un 1er Mai à Paris en 1956, puis les deux années suivantes, d’un muguet que ses élèves de l’école communale de Borrèze avaient cueilli dans les bois, dans le seul but de financer les classes promenades (une de ses innovations), cette opération s’est renouvelée avec une plus grande ampleur en 1960 à Sarlat avec le soutien appuyé de Radio-Luxembourg et Radio-Monte-Carlo dans le cadre de l’émission Le rêve de votre vie, ce qui a permis de récolter la somme initiale (environ 4 MF) pour le démarrage en 1965 de l’Institut Médico Pédagogique de la Fondation de Selves à Loubéjac (près de Sarlat), établissement qui accueille actuellement plus de 100 enfants ; Hommage lui a été rendu le 23 mai 2003 en donnant le nom de Marcel Deviers à la grande salle de réunion de l’établissement.
A noter enfin qu’à Sarlat, il a eu comme élève le fils de l’inspecteur primaire, Roger Nouvel, qui l’avait fortement assisté dans le cadre de l’« Opération muguet » de Sarlat, un certain Jean Nouvel, qu’il n’est plus besoin de présenter, et qui ne tarit pas d’éloges sur ce professeur formidable qui m’a appris à dessiner (Paris-Match du 3 au 9 Avril 2008).


 


L’artiste Marcel Deviers a touché, toujours avec bonheur, à une grande diversité d’arts, depuis la peinture dans diverses techniques (gouache, huile, pastel, aquarelles, et, depuis environ 1965, mortiers), le dessin au fusain et à la plume avec illustration d’œuvres d’Eugène le Roy et de Marcel Secondat, la céramique, la gravure (il illustra les Fleurs du Mal, ce qui lui valut un 1er prix à Paris en 1948), la sculpture ; Il a enfin conçu 2 timbres au profit des postes : Les villes nouvelles, sorti le 18 octobre 1975 ; Pont-à-Mousson. Les Prémontrés, sorti le 3 octobre 1977.
C’est vers le milieu des années 1960 que Marcel Deviers se lança dans ce qu’il a appelé les mortiers. L’artiste voulait supprimer toute chimie et essayer de retrouver la technique de ses ancêtres de Lascaux, en utilisant les terres et leurs nuances variées qu’on trouve dans son Périgord, mais aussi parfois des terres d’origine plus lointaine (Roussillon en Provence, Sienne en Italie,  ..) ; Comme il le disait lui-même, les terres traduisent bien l’âme du Périgord.


Sa technique a été sans cesse évolutive ; Il a utilisé des supports variés depuis le fibrociment (horriblement lourd !) jusqu’à la toile en passant par l’aggloméré, et autres ; Sur ces multiples supports, il esquissait au fusain son futur tableau (à l’arrivée souvent fort différent du premier projet), l’enduisait de colle et de ciment (mortier), et le parsemait de ses terres broyées ; Pour le blanc, du marbre (un vieux moulin à café en a rendu l’âme) ; Pour le noir, du charbon de l’ancienne mine de Simeyrols ; Suivait une couche de vernis (bateau). Mais, on peut penser qu’il a emporté le reste du secret dans sa tombe.
Son style a évolué avec le temps, partant d’un solide figuratif (paysans au travail), pour progressivement devenir, sur des bases géométriques, des thèmes plus universels, où la promenade de la lumière règne en maître, pour le plaisir des yeux.
Marcel Deviers réalisa tout cela avec une seule main, ayant perdu son bras gauche aux environs de Sarreguemines pendant la « drôle de guerre » !


Marcel Deviers a exposé en France (Paris 3 fois) et dans plusieurs villes de banlieue et de province, mais aussi à l’étranger (Londres, Bienne en Suisse).
Après avoir, par sympathie pour l’abbé du lieu,  réalisé un Chemin de croix en technique mortier pour l’église de Salignac, en remplacement des anciennes oeuvres en plâtre, il a entrepris la réalisation d’une série de tableaux appelée Vie de Jésus, et en fit don pour l’église à la municipalité d’Archignac, enrichissant de ce fait énormément le patrimoine de la commune. L’ensemble a été mis en place vers le milieu des années 80 ;


Moyennant 2 euros, une visite guidée audio de l’église et des œuvres de M. Deviers est désormais possible.


Nota : Le Chemin de croix de Salignac et la Vie de Jésus d’Archignac sont inscrits à l’Inventaire des Monuments Historiques.


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